flic.gif (33763 octets) MIEUX QU'UN AMI... UN CHAUFFEUR.... Policier%202.gif (5281 octets)
Lors de son interview télévisée du 14 juillet dernier, Jacques Chirac a fait de la sécurité routière l'un des trois "grands chantiers" de son quinquennat. Quelques semaines plus tard se tenait à paris les états généraux de la sécurité routière pour marquer cette salutaire volonté (voir dépèche Reuters du 16 septembre 2002) . Le Vecteur libre et Indépendant se félicite que le Chef de l'Etat et son premier ministre proclament enfin une "impunité zéro" sur les routes, il est vrai qu'en la matière il y a beaucoup à faire. Le Vecteur Libre et Indépendant regrette toutefois que , comme dans de nombreux autres domaines,   "la France d'en haut" ne soit pas totalement exemplaire. Pour illustrer le propos, nous reproduisons ci-dessous un article du quotidien Libération (8 novembre 2002) qui relate les écarts de conduite de  Gérard Longuet, Président UMP de la Région Lorraine. Une affaire très troublante et étrangement similaire à des faits récents qui se sont déroulés dans notre département...
Policier.gif (4717 octets) Longuet dérape, deux élus klaxonnent Ils interpellent l'ex-ministre, qui a insulté deux policiers à Nancy.

Par Didier HASSOUX , Quotidien Libération : vendredi 08 novembre 2002

Ecart de conduite en Lorraine. Gérard Longuet, président UMP de l'exécutif régional, est-il un chauffard ? Un insulteur ? Un abuseur de pouvoir ? Deux élus locaux publient aujourd'hui deux «lettres ouvertes» qui posent ces questions. Et ils comptent interpeller Longuet lors de la prochaine séance du conseil régional de Lorraine, le 14 novembre. Dans sa missive, René Leucart, président du groupe Gauche plurielle à la région, réclame «une explication» sur le «comportement déviant» de l'ancien ministre. Daniel Delrez, élu divers gauche, «souhaite», lui, que son directeur de cabinet «quitte ses fonctions». Gérard Longuet s'est rendu coupable d'une infraction au code de la route en 2001 et aurait tenté de faire porter le chapeau à son chauffeur par l'entremise de son directeur de cabinet. «Une histoire de corne-culs», selon ce dernier.

Ce pataquès politico-juridique débute le 14 juillet 2001, à Nancy. Un homme emprunte un sens interdit à bord d'une Peugeot 607. Il est interpellé par deux policiers en tenue. Discussion, insultes, délit de fuite. Les fonctionnaires notent le numéro d'immatriculation du véhicule. Puis cherchent son propriétaire. Ils le trouvent au conseil régional. Le chauffeur de l'assemblée locale reconnaît spontanément les faits. Les policiers, qui ont porté plainte pour outrages, ne le reconnaissent pas. Il est roux et porte barbe. Leur chauffard à eux est brun. Le chauffeur finit par se rétracter. Il démontre qu'il lui était impossible de se trouver à Nancy le jour de la fête nationale. Et affirme aux enquêteurs : «J'ai reçu l'ordre du directeur de cabinet du président du conseil régional d'aller reconnaître les faits au commissariat.» Un «ordre» destiné à couvrir le véritable contrevenant : Gérard Longuet lui-même.

Neuf mois après les faits, l'ex-ministre s'adresse par écrit au procureur de la République de Nancy. Il reconnaît être l'auteur de l'outrage. Par retour de courrier, le procureur Laurent Le Mesle ­ devenu conseiller de Jacques Chirac ­ l'invite à présenter ses excuses au fonctionnaire de police «pour que celui-ci retire sa plainte». Longuet s'exécute, mais les policiers ne bronchent pas. Et la justice suit son cours. Le tribunal correctionnel de Nancy convoque le chauffeur du conseil régional le 23 octobre. Son conseil, Me Gérard Michel, produit l'échange épistolaire entre Longuet et Le Mesle. Il plaide la relaxe de son client. Les policiers absents, le jugement n'a pu être rendu. Il a été renvoyé au 31 janvier 2003. D'ici là, de juridique, le débat devient politique. Et quitte le prétoire pour le conseil régional de Lorraine.

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La dépèche Reuters rendant compte des états généraux de la Sécurité Routière le 16 septembre 2002.
PARIS (Reuters) - Jacques Chirac a demandé au gouvernement d'engager une "nouvelle politique de sécurité routière" afin de combattre un "fléau" qui cause 8.000 morts par an sur les routes et il a notamment souhaité une sévérité accrue à l'encontre des chauffards.

"Avec plus de 8.000 morts et de 26.000 blessés graves par an, l'insécurité routière qui frappe si durement les Français est indigne d'un grand pays moderne", a souligné le chef de l'Etat lors d'un réunion de travail à l'Elysée sur le sujet.

Cette réunion marque officiellement le lancement du premier "grand chantier" du quinquennat. Lors de son interview télévisée du 14 juillet dernier, Jacques Chirac a fait de la sécurité routière l'un des trois "grands chantiers" de son quinquennat, avec la lutte contre le cancer et l'insertion des handicapés.

Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin participait à la réunion ainsi que Dominique Perben (Justice), Nicolas Sarkozy (Intérieur), Jean-François Mattei (Santé), Luc Ferry (Education), Xavier Darcos (Enseignement scolaire) et Gilles de Robien (Transports).

Philippe Massoni, secrétaire général du Conseil de sécurité intérieure, Philippe Bas, secrétaire général de l'Elysée, et Pierre Steinmetz, directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin, y assistaient également.

Des états généraux de la sécurité routière se tiennent mardi à Paris en présence des ministres concernés et de Jean-Pierre Raffarin.

"Notre pays paie un très lourd tribut à la route", a déploré Jacques Chirac, rappelant que l'insécurité routière est la première cause de mortalité chez les jeunes de 12 à 30 ans en France.

"C'est un véritable fléau. Il serait coupable pour les pouvoirs publics de baisser les bras, d'invoquer la fatalité. Il y a une très grande attente de la part des Français: les Français sont, je le sais, prêts à accepter des mesures courageuses", a dit le chef de l'Etat, selon des propos rapportés par son entourage.

Au nombre des mesures envisagées pour que la France ne soit plus le mauvais élève de l'Europe, Jacques Chirac a retenu quatre orientations.

"UNE CULTURE DU RESULTAT"

- Une initiation précoce et systématique des élèves aux règles de la sécurité routière et un renforcement des exigences imposées aux conducteurs inexpérimentés.

- Une sévérité accrue à l'égard des conducteurs en infraction et des chauffards.

- Un durcissement des règles pour la conduite sous l'emprise de produits dangereux, comme le cannabis.

- Une meilleure adaptation des équipements des véhicules et la définition de nouvelles priorités dans la mise aux normes de sécurité des infrastructures routières.

Jean-Pierre Raffarin a assuré qu'il entendait mettre en oeuvre "un plan de bataille national" et que "tous les moyens" seraient utilisés pour remédier à cette "maladie grave de la société française".

"Le gouvernement entend mener une action forte et cohérente, avec une vraie détermination, avec une culture du résultat", a dit le Premier ministre à sa sortie de l'Elysée.

"Nous avons des pistes, des pistes économiques, sociales, policières, des pistes sur la justice. C'est tout un dispositif global que nous voulons mobiliser en responsabilisant tous les acteurs", a-t-il précisé.

Des pistes devraient être tracées mardi à l'occasion des états généraux. Les mesures concrètes seront arrêtées dans les deux mois à l'issue d'un comité interministériel de sécurité routière et un projet de loi sera soumis au parlement début 2003.

Des mesures ont d'ores et déjà été évoquées, telles que l'automatisation du contrôle des infractions, avec notamment la pose de boîtes noires dans des véhicules, la réforme du permis de conduire, l'harmonisation des législations européennes en matière de vitesse et d'alcoolémie ou encore la création d'une véritable police de la route sur le modèle américain.

Le ministère de l'Intérieur a déjà prévu de mobiliser 1.200 gendarmes et policiers supplémentaires sur les routes.

Le ministre des Transports, Gilles de Robien, a affirmé que le plan d'action contre l'insécurité routière tendait à imposer une "impunité zéro" sur les routes.

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