Nous reproduisons ci dessous un article de Ouest France en date du 5 octobre 2001. Voilà enfin les explications sur l'étrange discrétion de la municipalité sur le câblage de la Ville de Laval par UPC : la perpective imminente d'un véritable fiasco. Nous sommes bien loin des déclarations fracassantes de l'ancien ministre de la Recherche et maire de Laval, François d'Aubert, qui peu de temps avant les municipales n'hésitait pas à s'attribuer la paternité de ce projet. Aujourd'hui, le 11ème vice-président de la Communauté d'Agglomération, le très libéral Docteur Gicquel, est en première ligne pour rassurer la population : "C'est un projet entièrement privé sur lequel la Communauté d'Agglomération n'a aucune maîtrise...", cet aveu suffira-t-il ? C'est peu probable, d'autant qu'il reste à commercialiser les prises construites. La société UPC réussira-t-elle à trouver des abonnés alors que sa réputation en matière de qualité du service est exécrable (Cf. site web d'abonnés mécontents et leur forum) ? En tout cas, le Vecteur Libre et Indépendant avait, lui, été clairvoyant dès l'origine du projet en informant ses lecteurs sur les difficultés rencontrés par UPC dans l'Est parisien (Cf. article "les déboires d'UPC dans l'est parisien")...

La rédaction du Vecteur Libre et Indépendant.

Ouest-France Vendredi 5 octobre 2001

Seulement 6 000 des 25 000 foyers raccordés, pas de délai pour le reste

Les travaux se poursuivent jusqu'à la fin de l'année, Après, rien n'est moins sûr

UPC met le câble en attente

Les projets d'UPC sont revue à la baisse. En crise financière, le câblo-opérateur chargé de la mise en place du réseau à haut débit dans l'agglomération n'a effectué que le quart des travaux prévus. Il n'annonce plus de date pour la fin du chantier qui pourrait être mis en sommeil.

" Nous avons 6 000 prises construites. Ce sont autant de foyers qui peuvent être reliés au câble. " A United pan-Europe communications (UPC) France, on ne parle plus que des travaux déjà réalisés. L'opérateur choisi par la communauté d'agglomération pour l'installation du câble à Laval a accumulé les retards dans la mise en place du réseau.

Encore trop tôt pour évoquer le reste des 25 000 foyers qui attendent des connexions. Pas question d'aborder les détails du calendrier, désormais sous condition. " Ils dépendent de notre capacité de construction et de financement ", indique-t-on à la communication du groupe. En fait, " tout repose sur la commercialisation des premières prises ". Comprendre les étapes de la mise en place du câble à Laval n'est pas une mince affaire. Pour mettre en place un réseau à haut débit à Laval (télévision par câble, Internet et téléphone), la compagnie en charge de ce marché, UPC France, filiale d'UPC, annonçait, au départ, un an et demi de travaux, jusqu'au printemps 2002. Un délai remis en cause aujourd'hui. Car il n'est plus question de donner une échéance. Seule certitude : " La télévision numérique par câble sera proposée aux 6 000 premiers foyers raccordés dès la deuxième quinzaine de novembre " C'est, selon le câblo-opérateur, le meilleur moyen de " montrer la qualité du service ". Une solution qui permet, dans le même temps, de " répondre à des attentes dès maintenant. " Pour la suite, les responsables de la communication du groupe restent imprécis, mais se disent " confiants sur le résultat: c'est un produit de qualité ", insistent-ils. Confronté à la crise qui frappe de plein fouet les sociétés des nouvelles technologies, UPC pourrait pourtant être contrainte d'abandonner ce marché (lire ci-dessous). Conformément à la réglementation sur les télécommunications, la compagnie doit autofinancer intégralement l'installation des kilomètres de fibre optique. Au départ, on parlait de 100 millions de francs (15 244 901,72 E). Pour l'instant, " l'investissement représente 25 millions de francs (3 811 225,43 E) ", annonce Jean-Louis Dautin, membre de Clarté qui a mis sur le projet sur pieds pour la communauté d'agglomération lavalloise. De quoi finir les chantiers en cours comme l'incontournable " local de tète de réseau. Il ouvrira à la fin du mois. " Offre aux particuliers limitée, mais aussi gel du réseau à haut débit pour les entreprises... Le projet initial a changé de forme, tout près du court-circuit. Les représentants lavallois de la communauté d'agglomération ne cachent pas leur pessimisme. " UPC, comme tous les câblo-opérateurs, a un problème de financement ", avoue Jean-Louis Dautin. " Toutes ces entreprises sont dans une mauvaise phase, confirme Alain Gicquel, 11ème vice-président chargé des réseaux et de l'assainissement qui se dédouane. C'est un projet entièrement privé sur lequel la communauté d'agglomération n'a aucune maîtrise. Le seul contrat que nous avons signé avec UPC, c'est une autorisation de voirie pour utiliser la chaussée à condition de la remettre en état. " L'élu a aussi prévu le cas où le chantier ne pourrait être achevé. " Une partie de la ville est déjà câblée. C'est Intéressant . " Si le projet voit le jour, il permettra de proposer un bouquet de base aux premiers clients avec 25 à 30 chaînes dès le mois prochain. Entre autres, " la chaîne d'information LCI, Comédie, Planète, Voyage, 13e rue, Eurosport, MCM pour la musique, les chaînes parlementaire, météo ou européennes, etc. pour 22 E (144,31 F) par mois ". Il sera aussi possible de souscrire aux abonnements proposés par les bouquets comme Canalsatellite ou TPS.

Josué JEAN-BART.

UPC dans la tourmente de la crise

Les quartiers constituant le secteur Laval-Nord (Vignes, Pommeraies, Pillerie-Val-de-Bootz), la zone entre la Senelle et le boulevard de l'industrie, les logements situés au nord de la préfecture (rue du Hameau, boulevard Félix-Grat, rue du Mans, rue de Paris, etc.), les quartiers Vivier et Vaufleury, une partie du centre-ville et une autre d'Hilard-Grenoux... Seuls quelques privilégiés se verront proposer une offre d'abonnement à la télévision par câble. Pour le reste, il faudra attendre. La faute aux problèmes de trésorerie d'UPC. Sur le marché des actions, les titres du câblo-opérateur auraient perdu 95 % de leur valeur. On parle aussi de pertes de l'ordre de 54 millions de francs (8 232 246,93 E). Ce qui a imposé au groupe de renoncer à des marchés en Europe. En ce qui concerne Laval, une des premières villes où UPC propose des abonnements de télévision par câble (avec Le Cannet et Le Havre), le lancement se fait dans la douleur. Mais les responsables misent toujours sur un démarrage au 15 novembre. Les propriétaires devront encore accepter de mettre la main à la poche pour relier les logements individuels et collectifs.

Les entreprises Forclum et Sogetrel au ralenti

Seulement 6 000 foyers desservis sur les 25 000 prises prévues : Forclum et Sogetrel, les deux entreprises choisies pour les travaux d'installation du câble à Laval font grise mine. " On a du boulot jusqu'à la fin de l'année, remarque Jean-François Sourdet, responsable du service vidéocommunication à Forclum, On attend les bons de commande, "

Une situation qui " pose un problème : en octobre 2000, j'ai mis en place une équipe de 25 personnes, essentiellement de gens de Forclum ". Aujourd'hui ? . " Il ne reste que 10. Et en 2002, nous pourrions voir ce nombre descendre à 0. " Un véritable " souci" pour le responsable de service qui connaît les graves difficultés dans la branche des réseaux câblés. Il espérait se consacrer à ce chantier jusqu'en mai 2002. Mais la mission est, pour l'instant, écourtée.

Même constat pour Willy Chevalier, responsable à Sogetrem. " On a moins de monde au travail : alors que l'on prévoyait douze personnes comme au début, nous n'en avons gardé que trois. " Un allégement du bon de commande qui ne devrait pas avoir de conséquences sur l'activité. " Il n'y aura pas de chômage technique car nous sommes présents partout en France. Les ouvriers se déplaceront. "