Ils ont dit NON !!! à 60 % avec une forte participation de 66,17%

jeudi 9 janvier 2003

Retraites EDF-GDF: le rejet de la réforme se précise

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PARIS (AFP) - Le secrétaire général de la fédération CGT de l'énergie, Denis Cohen, a indiqué jeudi soir que son organisation ne signerait pas le relevé de conclusions sur la réforme des retraites des électriciens et gaziers, anticipant sur le résultat définitif de la consultation des personnels qui semble s'orienter vers un rejet du projet.
Peu après 20H00, sur 76.164 inscrits et 50.396 votants (soit une participation de 66,17%), le "non" était donné gagnant avec 59,23%.


Selon la fédération FO - qui n'a pas participé aux négociations sur les retraites et avait appelé à voter "non" - "tous les résultats indiquent que le +non+ l'emporte nationalement avec 60% des voix".


Sans attendre la fin du dépouillement, Denis Cohen a annoncé que son syndicat (majoritaire avec 52% aux élections professionnelles) ne signerait pas le relevé de conclusions finalisé le 9 décembre, et déjà paraphé par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC avant même la consultation des personnels.


"D'ores et déjà, je vous annonce que nous ne signerons pas ce relevé de conclusions, puisque comme nous l'avions dit, nous prendrons en compte ce que les salariés décident", a déclaré M. Cohen.


La CGT ne devait initialement pas se prononcer sur sa position avant vendredi. M. Cohen avait appelé les personnels à voter "oui", tout en reconnaissant que sa fédération "était divisée".


Quelque soit le résultat final qui devait être connu dans la nuit, cette consultation constitue un test majeur pour les projets du gouvernement en matière de privatisation et de réforme générale des retraites en même temps que pour le mouvement syndical où la CGT Energie, première organisation, apparaît profondément divisée.


"Les décisions qui seront prises s'agissant de la retraite EDF-GDF doivent être compatibles avec la réforme, voire même préparer au fond cette réforme des retraites, et l'éclairer d'un esprit de réforme", déclarait fin octobre le ministre du travail et des affaires sociales, François Fillon.


Le scrutin portait sur un projet de réforme du financement des retraites dans la branche des Industries électriques et gazières (IEG), finalisé avec les employeurs le 9 décembre. Organisé par les fédérations CGT, CFDT, CFTC et CFE-CGC, porte sur la simple question: "Approuvez-vous le relevé de conclusions, oui ou non?".


En début de soirée, les "non" dominaient à Marseille ville (77 %), au Havre central (93 %), Angers (70 %), Epinal (74 %), Alençon (65,73 %), Laval (69,15%), Saint-Etienne (70 %), Chambéry (65,29 %), Vienne (64,10 %), Charleville (63,31 %), les centrales de Cordemais (70,4 %), Golfech (63 %), Fessenheim (53,6 %) et Penly (54,4 %), La Rochelle (58,47 %), Montbéliard (66%), Annecy (58,92 %), Troyes (57 %), Melun (53 %), Auxerre (52,11 %) et Nantes (52,18 %), ont annoncé la CGT et FO.


Dans les services centraux de GDF, une seule voix d'écart séparait le camp des "non" au relevé (865 voix) des "oui" (864 voix), le "non" étant majoritaire chez les cadres, a précisé la CGT.
A Paris intra-muros, toujours selon la CGT, le "non" l'a emporté avec 69,88% des voix (3.787 votants sur 6.442 inscrits, soit une participation de 58,79%).


Le vote à bulletin secret, entamé à 8H00 dans les différentes entreprises concernées (EDF, GDF, CNR, SNET, régies municipales...) concerne 150.000 salariés actifs et 99.100 inactifs. Théoriquement, 39.670 veufs et veuves, au titre d'ayants droit du régime de retraite, sont également concernés par le vote qui devait prendre fin vers 17H00.